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Exposition
PORTRAITS BRANCHÉS
Dessins, illustrations, aquarelles…
À voir jusqu’au dimanche 14 mai 2017,
à la Maison Départementale de l’Environnement
Domaine de Restinclières, Prades-le-Lez.

Il est là I'arbre, en face, au bord de la terrasse du bar où j'attends un café. ll s’est pour ainsi dire invité à ma table, à moins que ce ne soit l'inverse, car je suis chez lui ici, dans ce petit coin de ville, moi qui ne suis que de passage. Je lève les yeux en forme de salut, c’est une vieille connaissance une « vieille branche ».
Sa compagnie taiseuse me convient, il ne se répand pas en discussions de comptoir.
ll est là, simplement là, me protégeant du soleil, et si je me plonge dans le journal, il n'en prendra pas ombrage.
ll en a vu passer I'arbre à son pied, des « comme moi », oisifs, des randonneurs de trottoir, des incontinents de toutes espèces, des tatoueurs d'écorce romantiques.
ll n’est pas rancunier car son but est ailleurs, pas au ras de ce sol là, ce rez-de-chaussée vulgaire, il a faim de lumière, il veut sa place au soleil, là haut contre les nuages après les toitures.
Nos préoccupations terrestres ne le passionnent guère, il a les siennes, il se dépêche, obstinément, car il se sait en sursis ici dans ce paysage minéral qu'il rêve reconquérir. 
ll est émouvant I'arbre, sortant célibataire d'entre les pierres, progressant fièrement, ignorant du temps qui le rapproche de la sciure, il aurait préféré la sculpture.
Mon trait noir embrasse le tronc, se hisse plus haut, une bonne prise à droite. Je grimpe sur le branchu du regard sans bouger de ma place, je I'ascensionne le feuillu. lci une ombre épaisse, une écorce se détache, là un moignon difforme me rappelle quelqu'un, un bouquet de feuilles, une branche sinueuse au parcours erratique. Ouf ! un embranchement encombré de ramiers, il me font une place pour souffler, reprendre des forces avant la fin de I'escalade.
Déjà le bord de la feuille, il ne rentrera jamais dans la cage, I'animal, bien trop fier et trop large pour une simple page…

 


 

 

 

Le BESTIAIRE ÉGARÉ de Charles DARWIN

Un voyage en Suspension

 

Londres 1859, Charles DARWIN, éminent naturaliste publie après plus de vingt ans de travail acharné, DE L’ORIGINE DES ESPÈCES, une théorie révolutionnaire décrivant les mécanismes fondamentaux régissant l’évolution de la vie sur terre.

Le soir venu, le scientifique sérieux se transforme en père affectueux et farceur pour sa nombreuse progéniture. Il relate à ses enfants son grand voyage de jeunesse dans l’hémisphère sud à bord du Beagle (1831-1836) au cours duquel il fit ses observations et décrit tous les animaux étranges et fantastiques rencontrés là bas.

Mais, emporté par son imagination et son goût du canular, Darwin imagine une aventure scientifique fictive au cours de laquelle il découvre un groupe d’îles mystérieuses au beau milieu du Pacifique, l’archipel de La Suspension...! (Latitude:110° Ouest, longitude 0°). 

 

 

Assisté de son ami Sir Edward Bouët (mon aïeul), dessinateur de la très officielle Royal Society et plaisantin notoire, les deux compères réalisent une série de fausses planches naturalistes représentant des animaux farfelus, rédigent les textes plein d’humour décrivant leur comportement ainsi que le récit fantaisiste de cette exploration imaginaire.

Ce projet excentrique ne voit finalement pas le jour à l’époque, et c’est fortuitement qu’en 1999 je découvre l’ensemble de ces documents oubliés depuis plus de 150 ans ! 

Malgré les mauvaises conditions de conservation - une cache humide dissimulée dans le cabinet de travail de mon aïeul - j’ai pu commencer la restauration de ce bestiaire et entreprendre sa publication.

 

 

Bien sûr tout ce qui précède est complètement faux ! 

Comme tout le monde j’ai bien quelques ancêtres, mais aucun n’a vécu à Londres au XIXème siècle et n’a pu rencontrer Charles Darwin. 

 

Le volume contient, outre une courte préface, la description des êtres peuplant l’archipel de La SUSPENSION, avec des détails suivant le cas sur leur comportement, leurs mœurs, etc. 

Les images principales, reproduites en couleur ont toutes été réalisées en carte à gratter coloriée, une technique que j’utilise fréquemment dans mes productions et qui rappelle la gravure sur bois. D’autres dessins secondaires, réalisés au crayon complètent le propos. 

J’ai également imaginé des extraits du faux carnet de route de Darwin ainsi qu’un glossaire très personnel.

Le BESTIAIRE ÉGARÉ de Charles DARWIN - Un voyage en Suspension est conçu comme une publication de vulgarisation scientifique respectant quelques canons graphiques du XIXème siècle, (typo, mise en page, etc). L’objet a l’aspect désuet des anciennes encyclopédies agrémentées de gravures merveilleuses, vous savez, celles dans lesquelles vous vous êtes peut-être plongé enfant des heures durant et que vous feuilletez avec une nostalgie envieuse chez les bouquinistes.

C’est un livre divertissant et humoristique pour petites et grandes personnes, il ne délivre pas de message particulier, si ce n’est que dans la nature le surprenant est toujours possible alors que l’inconcevable est quasiment certain. 

- L’Hydre Volubile  a-t-il un sens ?

- Quel gel coiffant le Morfle Burfle utilise-t-il ?

- Est-ce au Phasme Impair que l’on doit la valse ?

- Comestible le Tigrenouille ?

Voilà quelques unes des questions essentielles que vous vous posiez et qui auront trouvé une réponse à la lecture du livre...

 

Le livre a un format carré, 210 X 210 mm, reliure cousue, couverture cartonnée, 60 pages, impression quadrichromie. Il a été corrigé et imprimé sur Montpellier, et est en vente pour directement à mon atelier sur Montpellier au prix de 16 € (hors frais d’envoi). 

 

Le BESTIAIRE ÉGARÉ de CHARLES DARWIN - Un VOYAGE en SUSPENSION est disponible partout en France dans quelques librairies privilégiées: à Sète (l'Échappée Belle), au Vigan (Le Pouzadou), à Grenoble (Le Square), à Montauban (La Femme-Renard), à Uzès (Librairie Soie), à Paris (La Halle St Pierre), à Montpellier (Librairie Nemo, l'Ivraie, Le Grain des Mots, Galerie Arterossa, Les Écologistes de l'Euzière), à Lodève (Un Point Un Trait), en Bretagne aussi, vers Lorient je crois et bientôt à Crest (?).

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

Exposition SOUDURE & GRAPHITE 

du 1er septembre au 30 octobre

au GRAND HOTEL, SÈTE

VERNISSAGE le vendredi 13 septembre à partir de 18 h 30

 

Gislaine MARRO sculptures métalliques

François BOUËT grands dessins 

 

Les oeuvres de MARRO et BOUËT cohabitent avec fraternité et intelligence. Leur matière, leur densité, les tonalités plombées qui les habillent les rapprochent. La symbiose fonctionne toujours, comme lors de la précédente exposition commune au GRAND HOTEL. L'exposition propose une confrontation amicale 

et révèle la connivence qui existe entre les oeuvres et les personnalités. Les immenses dessins de l'un pourraient servir de décor aux sculptures de cuivre et de laiton de l'autre. Les statues de l'une pourraient n'exister que dans les ambiances de l'autre. Ce n'est pas aussi simple ! Sculptures et dessins ont leur vie propre, ils existent par eux-mêmes, ils ont été conçus ainsi dans des ateliers séparés et profitent simplement de leur proximité pour dialoguer affectueusement, pour résonner ensemble.

 

MARRO nous invite dans un imaginaire peuplé de personnages mi-homme mi-animal. La légèreté, le mouvement et une part d’enfance habitent l'ensemble de ses pièces. Son univers drôle, poétique, élégant est toujours émouvant et touchant.

 

Née en 1966 à Cannes, Gislaine Marro vit et travaille à Sète.

 

 

BOUËT poursuit sa recherche centrée sur la texture du souvenir. Comment rendre dense, préhensible l'air, la lumière, le soir ? Comment matérialiser un reflet, la nostalgie ou un instant ? Avec de la patience, de l'humilité et de l'obstination...

Né à Uzès en 1957, François Bouët vit et travaille à Montpellier.

 

 

 

 

GRAND HOTEL

17 Quai du Maréchal de Lattre de Tassigny

04 67 74 71 77 - legrandhotelsete.com

 

 


" À la campagne, à la ville, tout est sujet d'attention pour François BOUËT : un panneau de parking, un poteau électrique, l'ombre d'un feuillage, un coin d'immeuble, un réverbère, une mobylette, une borne d'incendie, une paire de chaussures, qui sont autant de traces d'une vie en train de se dérouler hors-cadre. Ses œuvres sont des instantanés de son décor familier, des détails secondaires du paysage, des arrières-plans négligés, un peu comme des clichés maladroitement cadrés qui se révéleraient plus tard contenir l'essentiel. "


 

" C’est au siècle dernier, très exactement en l’an 1985, que Montpellier voit arriver, venu de sa lointaine et gardoise ville d’Uzès, un bien curieux personnage. Depuis lors, il rôde, un carnet de croquis à la main, il expose, il fomente des événements artistiques depuis son atelier, il joue aussi de la musique, en toute impunité et même avec un certain succès. Nous avons relevé le défi, et après de très délicates investigations qui ont mobilisé de gros moyens, nous avons enfin identifié cet illustrateur auquel nous consacrons une page.

François Bouët est né outre Vidourle en 1957. Il commence ses études artistiques à l’Ecole des Beaux Arts de Nîmes, au moment où Claude Viallat, (un des membres fondateurs du groupe Supports/Surfaces) en prenait la direction. L’école s’oriente alors avec force vers l’art contemporain, ce qui (malgré la très haute estime que porte F.Bouët à C. Viallat) ne convenait pas du tout à notre artiste. « Ce qui m’intéressait, c’était la publicité, la communication, la sérigraphie, le graphisme. Je voulais faire des logos, des affiches ». Alors, François Bouët continue en autodidacte. Impressionné par les posters psychédéliques qui présentaient entre autres Janis Joplin ou Jimmy Hendrix, par des gens comme Crumb mais aussi par l’école polonaise qui réalise des affiches dont les originaux sont en relief, multicouches, il poursuit son chemin, le crayon à la main.

A Orléans, il travaille dans une imprimerie, fait de la mise en page, de la photogravure. A Montpellier, il rejoint une agence de publicité, avant que la révolution informatique ne se généralise. Il illustre, avec Philippe Paddeu, quelques films pour Media 6, fera même de la peinture murale au Dinosaure, une scène musicale montpelliéraine. Ce qui fait la singularité de notre artiste, ce sont tous ses carnets de croquis, il en a un stock incroyable, et toujours un dans sa poche. C’est son parcours professionnel qui lui a fait découvrir cet outil : depuis une quinzaine d’années, il animait des ateliers artistiques pour psychotiques et c’est là qu’il a approché cette technique pour la première fois : « C’était un moyen de communication : je dessinais mes stagiaires, et je leur demandais de me dessiner à leur tour ; au début sur des bouts de papier, puis un jour, ma belle-mère m’a offert un carnet, et depuis, j’ai continué à en acheter. Il m’en fallait des petits, qui rentrent bien dans ma banane… »

François Bouët nous avoue dessiner en fonction de sa disponibilité, aux terrasses des bars, ou n’importe où ailleurs. « Un dessinateur, il faut bien qu’il dessine, non ? », nous explique-t-il, comme pour s’excuser. « Parfois, je ne fais que commencer, puis je termine plus tard, je fais du remplissage ». Et de nous montrer ces millions de petits traits qui constituent des nuances, des ombres délicates, des feuillages. «  Je fais aussi des aquarelles, avec mon fils, on va souvent au jardin des plantes. Pour cela, il ne faut pas beaucoup de matériel, c’est très agréable. Le dessin, en général, c’est rééquilibrant, ça me fait un peu penser  à du yoga ». mais il nous avoue que le vrai souci est financier : « Cela ne suffirait pas pour vivre et nourrir une famille, heureusement, mon épouse travaille à côté, ce qui me permet de ne pas brader mon art.»

Une autre facette du personnage, c’est la musique. François Bouët est percussionniste. Il commence avec les Révérends Blues, un ensemble qui se définit comme « diffuseur de joie de vivre, entre création et récréation, entre ciel et terre, entre toilettes et comptoir, où l’esprit rejoint le corps », tout un programme. Avec Roland Ramade au chant, ils interprètent une sorte de grand messe au vitriol, qui fera qu’une fois, avant même de jouer à Saint Affrique, la presse locale criait au scandale. Puis, il intégrera une fanfare : « On joue dès qu’on arrive ; c’est très agréable : il n’y a pas de balance à faire avant de jouer, on n’a pas de problème avec un sonorisateur… ». Mais ce n’est pas tout, il a sévi aussi au sein d’un petit groupe The F'Holes, qui gagnera la finale régionale du Printemps de Bourges en 1991. Il se produit également avec l’Orféon de Garafatch, pour un style jazz-latino et dans un autre groupe innommé du cotè de Bouzigues qui interprète du Joe Dassin entre autres…. 

François Bouët fait partie des véritables trésors vivants de Montpellier. Il nous livre un regard esthétique sur une ville trop souvent masquée par des coups de flash géant qui nous éblouissent en nous empêchant d’en distinguer les véritables détails, ce qui compte vraiment pour nous. Lui, il prend le temps de s’asseoir et de regarder. Mieux encore, il fixe sur le papier ce qu’il a ressenti et nous le fait partager. Merci François…"

Thierry ARCAIX - 2010